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Alimenter une aventure arctique : bien plus que lutter contre le froid

  • Photo du rédacteur: Nicolas Villeger
    Nicolas Villeger
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

J-30 avant le départ de l’expédition. Je suis entré dans une phase de revue beaucoup plus détaillée de tous les éléments, des médicaments à la nourriture, en passant par les petits équipements. Lorsqu’on planifie la logistique d’une expédition en Arctique, la première chose qui vient généralement à l’esprit est le froid — et à juste titre.


Affronter des températures largement négatives nécessite un équipement de protection de grande qualité, et sans lui, on n’ira tout simplement pas bien loin. Mais au fil de mes expériences l’an dernier, j’ai réalisé qu’un autre facteur, souvent négligé, joue un rôle essentiel à la fois dans l’endurance physique et la résilience mentale : l’alimentation.

Le « confort », bien sûr, est une notion relative. Lorsque l’on progresse en plein hiver à travers le Groenland, sans accès à des douches ni à un quelconque chauffage, tout se joue sur les petits détails — et ces détails diffèrent pour chaque personne. Pour certains, il s’agit de rester au chaud la nuit. Pour d’autres, d’éviter que les doigts et les orteils ne s’engourdissent. Avec le temps, j’ai appris à identifier ce qui compte le plus pour moi — et la nourriture, en particulier le petit-déjeuner, s’est révélée être un levier de moral aussi inattendu que puissant.


C’est pourquoi je decide d’accorder une attention particulière à ce qui composera mes rations lyophilisées du matin. Un petit-déjeuner chaud et réconfortant peut faire toute la différence lorsqu’on se réveille dans une tente gelée, avec une longue journée encore devant soi. Ce n’est pas du luxe : c’est de la stratégie.



Sur un itinéraire arctique, les repas chauds sont une denrée rare. Il n’y en a que deux par jour : le petit-déjeuner et le dîner. Un « vrai » déjeuner ? C’est un fantasme. L’apport de la mi-journée se résume à des barres énergétiques, des mélanges de fruits secs, un thermos de thé et toutes les collations hypercaloriques accessibles sans s’arrêter. Cela signifie que le petit-déjeuner n’est pas seulement important : il est absolument crucial. Il doit fournir l’énergie nécessaire du premier pas du matin jusqu’au dernier effort pour tirer la pulka le soir. Le froid peut couper l’appétit ; il est donc essentiel d’aimer réellement ce que l’on emporte.


En moyenne, une traversée arctique nécessite environ 5 000 calories par jour, en tenant compte des températures basses, de l’effort intense lié au portage du matériel, de l’exposition au vent et de la longueur des journées. Je répartis cet apport avec 600 à 800 calories au petit-déjeuner, 1 500 sous forme de collations en cours de route, 1 200 au dîner, et environ 600 calories dédiées aux « boosters de moral », comme le chocolat.



Le marché propose aujourd’hui une variété étonnante de plats lyophilisés ; j’ai donc passé une commande en gros auprès de plusieurs marques afin de les tester pour le goût, la texture, la facilité de préparation — et bien sûr, leur impact sur le moral. À l’issue de ce marathon de dégustation, j’ai sélectionné quelques favoris pour couvrir les dix matinées de l’expédition. Je ne suis pas attaché uniquement aux petits-déjeuners sucrés : le salé fonctionne tout aussi bien pour moi. La sélection finale comprend donc à la fois des repas à base de muesli et des plats à base d’œufs — tout ce qu’il faut pour faire avancer le corps et maintenir l’esprit en éveil.



 
 
 

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